Les mémoires du corps
ou Pourquoi le corps n’oublie pas
(et comment l’aider à se relâcher en douceur)
Parfois tout semble compris… et pourtant le corps continue de réagir
C’est quelque chose que tu as peut-être vécu :
Tu sais. Tu as compris. Et même tu as mis des mots. Et pourtant, ton corps réagit encore.
Une tension qui ne te quitte pas. Un sommeil léger, haché, parfois épuisant. Des réactions qui surgissent sans prévenir. Une vigilance constante, même quand tout va “bien”.
Beaucoup de femmes dans mon cabinet me disent : « Je sais que c’est du passé… j’ai déjà parlé de tout ça… j’ai compris… j’ai analysé… j’ai été voir des thérapeutes… alors pourquoi mon corps, ses impulsions, ses réactions, ses réflexes, ne suivent pas ? »
La réponse est simple, et profondément humaine : le corps n’oublie pas de la même manière que l’esprit.
Et ce n’est ni une faiblesse, ni un échec.
C’est une intelligence.

Le corps garde la mémoire : ce que nous apprennent les neurosciences
Les neurosciences le confirment aujourd’hui clairement : nous ne vivons pas seulement avec un cerveau qui pense, mais avec un corps qui enregistre.
Antonio Damasio, neuroscientifique, l’exprime ainsi :
« Nous ne sommes pas des machines pensantes qui ressentent, mais des machines ressentantes qui pensent. »
Lorsqu’un événement dépasse nos capacités d’adaptation — qu’il s’agisse d’un abus sexuel, d’une violence, d’un climat d’insécurité émotionnelle ou d’une absence de protection — le corps active des réponses automatiques de survie.
Ces réponses sont gérées par le système nerveux : alerte, figement, adaptation, contrôle, hypervigilance.
Stephen Porges, à travers la théorie polyvagale, explique une chose essentielle :
le système nerveux ne cherche pas le bonheur, il cherche la sécurité.
Si la sécurité a manqué, le corps reste mobilisé.
Même des années plus tard.
Ce n’est pas que le corps “revient au passé”. C’est qu’il continue de protéger.
Quand la mémoire du corps influence la vie quotidienne
Cette mémoire corporelle ne reste pas abstraite. Elle s’exprime dans le quotidien, souvent de manière très concrète.
Certaines personnes vivent avec :
- un sommeil difficile, toujours en alerte,
- une fatigue chronique inexpliquée,
- des tensions musculaires persistantes,
- des difficultés à poser des limites, à dire non ou oui quand elles le désirent,
- une relation compliquée à la nourriture ou au poids, à l’image de leur corps,
- une sensation de devoir “tenir”, encore et toujours, comme une guerrière qui n’a jamais fini la guerre.
Le corps a appris à s’adapter, à anticiper, à ne pas déranger, à rester en alerte.
Même lorsque l’environnement est devenu plus sûr, le corps, lui, n’a pas toujours reçu l’information.
C’est pourquoi comprendre ne suffit pas toujours.
La mémoire du corps ne se transforme pas par l’analyse, mais par l’expérience. Il a besoin d’expériences nouvelles pour désactiver les mémoires.
Les émotions et les déclencheurs : quand le corps se souvient avant nous
Il arrive qu’une réaction surgisse sans raison apparente.
Une odeur.
Une lumière.
Un ton de voix.
Un lieu.
Un regard.
Et soudain, quelque chose se crispe à l’intérieur.
Ce ne sont pas des souvenirs “conscients”.
Ce sont des empreintes émotionnelles.
Peter Levine, spécialiste de l’approche corporelle, le dit avec justesse :
« Le corps ne cherche pas à revivre le passé, il cherche à le terminer. »
Ces déclencheurs ne sont pas des ennemis. Ils sont des messages. Même si ces manifestations viennent souvent empoisonner la vie de la personne.
Ils indiquent que le corps n’a pas encore pu relâcher totalement, parce qu’il n’a pas vécu une expérience nouvelle de sécurité.
Aider le corps à se relâcher : changer d’approche
Pour que le corps se relâche, il ne s’agit pas de forcer, ni de revivre, ni de raconter encore et encore.
Il s’agit de lui proposer autre chose : une expérience où il peut enfin sentir que le danger est passé.
C’est là que des approches comme :
- la respiration consciente,
- l’auto-hypnose,
- la psychologie positive,
- et l’hypnose quantique
prennent tout leur sens.
Elles parlent directement au langage du corps et du système nerveux.
Sans violence et sans intrusion.
Elles permettent d’installer progressivement une sécurité intérieure, celle à partir de laquelle le corps peut enfin déposer les armes.

L’hypnose quantique : une voie douce de reconstruction
Dans l’hypnose quantique, il ne s’agit pas d’analyser le passé, mais de créer un espace où le corps et la conscience peuvent se réorganiser.
Un espace où l’on ne force rien, où l’on n’oblige pas à revivre, où l’on respecte profondément le rythme de la personne.
Ce travail permet souvent :
- d’apaiser la mémoire du corps,
- de relâcher des schémas anciens,
- de retrouver un sentiment de stabilité intérieure,
- et de renouer avec une énergie de vie plus fluide.
La reconstruction ne passe pas par la lutte. Elle passe par la sécurité retrouvée.
Et si ton corps n’avait jamais été contre toi ?
Si ton corps est resté tendu, vigilant, fatigué, ce n’est pas parce qu’il est “bloqué”.
C’est parce qu’il a été fidèle à sa mission :
- Te protéger.
- Te maintenir en vie.
- T’aider à traverser.
Aujourd’hui, il est peut-être temps de lui offrir autre chose : un espace, un rythme, un accompagnement respectueux.
Le corps n’oublie pas.
Mais il peut apprendre à se relâcher.
Et c’est souvent là que commence, en douceur,
la véritable reconstruction.
Pourquoi un accompagnement spécifique lorsque le corps a été traversé par l’abus ?
Lorsque l’abus sexuel survient dans l’enfance, il ne s’inscrit pas seulement dans la mémoire mentale.
Il s’inscrit ailleurs. Plus profondément. Dans le corps.
Le corps de l’enfant n’a ni les mots, ni les repères, ni la maturité pour comprendre ce qu’il vit. Alors il fait ce qu’il peut :
il enregistre, il s’adapte, il se protège.
Ces mémoires ne sont pas des souvenirs au sens classique. Ce sont des empreintes silencieuses, des tensions persistantes, des réactions automatiques, des zones figées ou au contraire hyper vigilantes.
À l’âge adulte, la personne peut avoir “tout compris” intellectuellement… et pourtant continuer à ressentir un malaise sans cause apparente, une difficulté à habiter son corps, à se détendre, à se sentir en sécurité dans l’intimité ou dans la relation.
Ce n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas un manque de conscience.
C’est la mémoire du corps qui continue de parler.
Pourquoi un accompagnement général ne suffit pas toujours
Les personnes ayant vécu un abus dans l’enfance ont souvent déjà beaucoup travaillé sur elles.
Elles ont réfléchi, lu, parlé, compris…
Mais les mémoires corporelles ne se libèrent pas uniquement par la parole ou l’analyse.
Elles demandent un espace particulier, lent, sécurisant, respectueux du rythme du corps.
Un accompagnement non spécifique peut, sans le vouloir, aller trop vite ou rester à la surface.
Ou demander au corps de lâcher quelque chose qu’il a mis toute une vie à maintenir pour survivre.
Ici, il ne s’agit pas de “revivre”, ni de “forcer”, ni d’expliquer encore.
Il s’agit d’apprendre au corps qu’il n’est plus seul, plus menacé, plus obligé de rester en alerte.
Ce que permet un accompagnement pensé pour ces mémoires
Un accompagnement spécifique prend en compte une réalité essentielle : le corps a une intelligence propre, et une histoire à lui.
Il offre :
- un cadre profondément sécurisant
- une écoute fine des réactions corporelles
- un respect absolu des limites
- une reconnexion progressive, jamais imposée
Et grâce à l’Hypnose, la psychologie positive accompagné d’art thérapie, le travail se fait là où les mots n’ont pas toujours accès. Dans les sensations, les ressentis, le rythme intérieur.
Peu à peu, le corps peut déposer ce qu’il portait seul. Il retrouve une souplesse, une présence, une forme de paix intérieure qui ne passe pas par l’effort, mais par l’autorisation.

Mon approche avec Renaître après l’abus
L’accompagnement que je propose est né de cette compréhension profonde : on ne peut pas demander à un corps et un esprit marqués par l’abus de fonctionner comme si rien ne s’était inscrit.
Ce n’est pas un travail contre le corps. C’est un chemin avec lui.
Parce que lorsque le corps se sent enfin entendu, il n’a plus besoin de crier, ni de se contracter, ni de se souvenir à travers la douleur.
Il peut simplement… revenir à lui.




0 commentaires